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Les Plantes Médicinales d'Algérie -Ar- النباتات الطبية في الجزائر
Éditeur :BERTI ÉditionsFormat :Livre relié / broché3 000 DATTC • Prix librairie garanti
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نبذة عن العمل
Table des matières / Sommaire :
353
3.7. Les techniques physiques (massage, kinésithérapie, thermothérapie,
hydrothérapie)
3.8. Les techniques à visée ps ychotique ou techniques mentales (biofeedback,
placébo)
3.9. L’hypnose
3.10. La musicothérapie
3.11. La médecine orthomoléculaire, la nutrition, la phytothérapie
3.12. L’homéopathie
Chapitre V : Évaluation de la douleur
1. Les échelles unidimensionnelles d’auto-évaluation
2. Les échelles multidimensionnelles d’auto-évaluation
3. Les échelles multidimensionnelles comportementales d’hétéro-évaluation
4. Le questionnaire DN4
Chapitre VI : La médecine arabe : source d’inspiration
CONCLUSION
ANNEXES
Annexe 1 : De l’énumération des causes de la douleur en fonction de chaque
symptôme (Extrait de al-Qānūn fi al-ṭibb d’Ibn Sīnā).
Annexe 2 : De la sédation des douleurs (Extrait de al-Qānūn fi al-ṭibb d’Ibn Sīnā).
Annexe 3 : Énoncé sur la douleur (Extrait du Kitāb al-taysīr d’Ibn Zuhr).
Annexe 4 : Sur les signes des organes souffrants (Extrait du Kit āb al-kulliyāt d’Ibn
Rushd).
Annexe 5 : Les antalgiques (Extrait du Kitāb al-kulliyāt d’Ibn Rushd).
Annexe 6 : Sur le traitement des maladies (Extrait du Kit āb al-kulliy āt d’Ibn
Rushd).
Annexe 7 : Organisation d’un centre d’évaluation et de traitement de la douleur en
Algérie (Exemple Centre Pierre et Marie Curie)
Bibliographie.
Lexique médical.
Lexique des poids et mesures.
Table des figures.
Système de translittération.
Index
Table des matières.
12
À côté de la douleur aiguë ou douleur symptôme, bien connue, apparaît une entité
nouvelle: la douleur maladie ou douleur chronique, qui correspond à une douleur
répétitive ou persistante après une période alla nt de trois à six mois ou après la durée
habituelle de la guérison de la douleur aiguë.
La douleur chronique n’est plus considérée comme un symptôme d’alarme de la
maladie, mais bien comme une véritable ma ladie à part entière qu’il faut évaluer et
traiter.
Longtemps reléguée aux signes accesso ires sinon aux abonnés absents – Velpeau
déclare en 1840 : « éviter la douleur dans les opérations est une chimère qu'il n'est pas
permis de poursuivre aujourd'hui2 » – la douleur a durant les trois dernières décennies,
requit un regain d'intérêt grâce à une meilleure compréhension de son mécanisme et de
l'impact des antalgiques.
Cependant, sur le plan pratique, sa pri se en charge reste insuffisante malgré la
disposition d'une large panoplie de médicaments.
En 1985, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) réagit violemment et crie au
scandale afin de sensibiliser l'opinion géné rale, elle met en exergue l'ignorance,
l'incompétence, voire l'indifférence des personnels soignants à l'égard d'un symptôme
qui leur paraît accessoire.
Elle adresse à ses pays membres les recommandations suivantes3 :
Nous demandons aux gouvernements de tous les pays d’organiser un
enseignement systématique des traiteme nts de la douleur, de veiller à ce que
leurs législations contrôlant l’usag e des opiacés n’empêchent pas les malades
qui souffrent d’en bénéficier lorsqu’ils en ont besoin, d’adhérer au réseau de
diffusion des connaissances concernant la douleur et son traitement, de
diffuser les directives de l’OMS à ce sujet, et de favoriser dans les médias de
l’information nécessaire afin que les malades et leurs familles prennent
conscience du fait que la douleur n’est pas inévitable et qu’elle est presque
toujours maîtrisable.
2 Philippe Gorny, L'aventure de la médecine , J.C.Lattès, 1991, p.120. Quelques années plus
tard, après la découverte de l’anesthésie, Velp eau revoit sa prédiction et devient un fervent
défenseur de cette technique révolutionnaire de la prise en charge de la douleur opératoire, et
ce, malgré la réticence de bon nombre de ses confrères. Cf. Roselyne Rey, Histoire de la
douleur, Éditions La Découverte & Lycos, Paris, 2000, p. 167.
3 Escoffier-Lambiotte, « Douleur : ne plus souffrir inutilement », Journal Le Monde , 27 mars
1985.
15
INTRODUCTION
Il est bon d’apprendre à être sage à l’école de la
douleur.
Eschyle (525-456 av. J.-C.)
Le sage poursuit l’absence de douleur et non le plaisir.
Aristote (384-322 av. J.-C.)
Comme la nuit paraît longue à la douleur qui veille.
Horace (65-8 av. J.-C)
Nous retrouvons dans les écritures les pl us anciennes la réfé rence à des substances
qui soulagent la douleur.
Les premières civilisations connaissent déjà les vertus des herbes hallucinogènes.
Les Sumériens (3000 ans av. J.-C.) appellent le pavot « plante du bonheur » ou
« plante de la joie » . Son usage est retrouvé aussi chez les Babyloniens, en Perse, en
Égypte et même en Europe (autour du Lac Léman, 4000 ans av. J.-C.). Les mères
apprécient son effet narcotique sur les enfants turbulents et insomniaques.
Le cannabis indien ou chanvre 4, originaire de l'Inde, date probablement de quelques
millénaires. Il est largement utilisé pour ses propriétés sédatives. De culture très facile,
il pousse sur tous les sols et par tous les climats, et se répand aisément aux territoires
voisins. Les médecins chinois du XV ͤ siècle av. J.-C. le prescrivent dans les douleurs
rhumatismales, la goutte et l'aliénation mentale5.
Le cannabis est aussi d’usage courant en Égypte à côté du pavot, de la jusquiame et
de la mandragore comme le figure le célèbre papyrus découvert par Ebers en 1873.
Outre leurs effets antalgiques, ces drogues contribuent également aux rituels
religieux ou de sorcellerie, altérant l es consciences ou provoquant des hallucinations.
D'ailleurs, la préparation des décoctions est souvent associée à des incantations
magiques. À juste titre, André Soubiran appelle ces hommes : les sorciers-guérisseurs.
Mais en dépit de cela, nous retrouvon s par exemple dans le papyrus d'Edwin Smith,
la description de certaines maladies ou remèdes, sans références à aucune cause
surnaturelle ou divine, notamment dans la pathologie courante telle que plaies ou
fractures6.
4 Outre ses vertus médicales et alimentaires (ri che en protéines et huiles alimentaires), le
cannabis servit à la fabrication de nombreux produits: étoffes, huile, encens.
5 Jean-Marie Pelt, Drogues et plantes magiques, Fayard, 1983, p.172.
6 G.E.R. Ilyod, « Les débuts de la science en Grèce », La Recherche 125 (septembre 1981),
p.923.
17
Hippocrate décrit les effets néfastes de la chaleur et du froid sur l'organisme, mais
rapporte que dans certains cas ces derniers pe uvent être bénéfiques. Ainsi, la chaleur
apaise la douleur dans certaines plaies ou fractures ouvertes des os. Tandis que pour le
froid :
Les gonflements et les douleurs, sans plaies, dans les articulations, la goutte,
les ruptures musculaires sont géné ralement soulagés par d'abondantes
affusions d'eau froide qui diminuent la tuméfaction et amortissent la douleur.13
Si Hippocrate ne fait pas la différen ce entre les nerfs, et le tissu fibreux et
musculaire, il entrevoit dans ses observations l es rapports entre la moelle épinière et la
sensibilité :
Dans les lésions de la moelle épinière, provenant ou d’une chute ou de
quelque autre cause, ou spontanément, le sujet perd l’usage des membres
inférieurs, de sorte qu’il ne sent pas même quand on le touche, et celui du
ventre et de la vessie, de sorte que dans les premiers temps, il ne rend ni selle
ni urine, sauf à l’aide de remèdes.14
Mais c'est par l'école d'Alexandrie que nous arrive une meilleure connaissance des
nerfs grâce à la vivisection que pratiquent couramment Hérophile (340-300 av. J.-C.)
et Erasistrate (304-245 av. J.-C.).
Ces deux médecins grecs différencient l es nerfs sensitifs des nerfs moteurs. Ils sont
les premiers à distinguer les veines qui transportent du sang, des artères qui
transportent du sang « aéré »15.
Quelques siècles plus tard, dans la Rome Antique, Celse (5 apr. J.-C.), célèbre
encyclopédiste sans être médecin, regroupe dans son œuvre De Medicina l'ensemble
des écrits médicaux dispersés, en particulier ceux des praticiens hellénistiques.
Il rapporte des associations de plant es connues pour leurs effets antalgiques, comme
le pavot, la jusquiame et la mandragore. Cependant, les moyens semblent limités
quant à la prise en charge de la douleur en chirurgie.
Situant le devoir du chirurgien, Celse écrit :
13Hippocrate, Œuvres Complètes , Vol. I, p. 201. Nous verrons par la suite qu'Ibn S īnā donne
une importance capitale à la glace dans le soulagement de la douleur, qu’il considère d’ailleurs
comme un antalgique et la classe parmi les antalgiques.
14 Hippocrate, Œuvres Complètes, Vol. I, Prorrhétique, p. 252.
15 Gabriel Gohau, Biologie et biologistes, éditions Magnard, Paris, 1978, p. 56.
18
Sa vue (celle du chirurgien) sera claire et perçante, son cœur inaccessible à
la crainte et à la pitié, soucieux avant tout de guérir le malade. Loin de se
laisser émouvoir par les cris et de montrer plus de précipitation que le cas ne
l'exige ou de couper moins qu'il ne faut, il poursuivra son opération comme s'il
n'entendait pas les plaines du patient.16
Un autre contemporain de Celse, Pline l'Ancien (23-79 apr. J.-C.) établit une
compilation de plusieurs ouvrages la Naturalis Historia , considérée comme un
ouvrage de vulgarisation qui reflète l'usage médical de son époque.
Il décrit les propriétés analgésiques de certaines plantes – fresne et érable pour
soulager le foie, peuplier pour les coxalgi es, l'aloès pour les céphalalgies – ainsi que
différentes parties d'origine humaine : lait ma ternel pour le mal cœliaque et les yeux
douloureux, application d'extraits d'animaux contre les céphalées.17
Mais l'un des premiers médecins qui rapportent les drogues à affinité anesthésique
chirurgicale18 est bien Dioscoride (Pedanius An azarbeus), médecin et botaniste grec
attaché aux armées romaines, qui a vécu au Ier siècle après J.-C.
Il mentionne dans so n vaste traité pharmacologique De Materia Medica de
nombreuses plantes recueillies et rassembl ées lors de ses déplacements et voyages
avec l'armée. La mandragore est préconisée pour soulager les rigueurs de la chirurgie
(amputation, cautérisation)19.
Des têtes de pavot, il obtient une substance qui va être très remarquée pour ses effets
analgésiques et qu'il nomme « opium »20.
Plus tard, l'influence de Dioscoride est prépondérante sur la pharmacopée arabe qui
en tire profit et l'enrichit de nouvelles substances.
16 Maurice Bariety et Charles Coury, Histoire de la médecine, Fayard, 1963, p. 183.
17 Gaétan Plantefève et Philippe Juvin, Méthodes d'analgésie décrites par Pline l'Ancien, DAR,
CHU Bichat, Paris, France, http://www.histanestrea-France.org/docs/textes/pline.html
18 Dioscoride : « On en donne cinq onces (m andragore) à ceux auxquels on veut brûler
(cautériser) ou couper quelques membres, comme il est dit : car ils ne sentent aucune douleur
étant tous assoupis et étourdis ». Cf. Pierre André Matthiole, Commentaires sur les six livres de
Dioscoride de la Matière Médicinale, cote BIUM : 00824A.
19 Il influencera aussi probablement Apulée, au IV ͤ siècle, qui rédige De virtutibus herbanum
dans lequel on retrouve les termes de Dioscori de: « Si l'on doit couper ou cautériser quelque
membre, ou y porter le fer, que le patient boive une demi once de mandragore dans du vin, et il
dormira jusqu'à ce que le membre soit coupé, sans éprouver aucune douleur ». (Cf. J. Hotton,
La légende de la mandragore , JEPU-mars-2001. www.histanestrea-
France.org/docs/textes/mandragore.html)
20 Encyclopedia Universalis (CDRom), France, 1995.
19
Alors que les traités hippocratiques s'occupent surtout des maladies, leur évolution,
leur pronostic, Galien (131-201) apporte des notions nouvelles en anatomie et
physiologie.
Dès l’âge de 24 ans, il quitte sa ville natale Pergame (Asie Mineure) tenue comme
un centre de la civilisation hellénistique et entreprend comme médecin un long voyage
qui lui fait découvrir Smyrne, Corinthe, Chypre, Alexandrie et la Palestine.
Après l’acquisition d’une vaste pratique médicale et d’une connaissance plus riche
en plantes médicinales, il retourne à Pergame quatre ans plus tard. Il soigne les
gladiateurs, ce qui lui permet de développer une grande maitrise de la chirurgie.
Il se rend ensuite à Rome où il enseigne l’anatomie et la physiologie, et réalise des
expériences sur les animaux.
Galien est le médecin de l’Antiquité qui a le plus d’influence sur les savants arabes
et plus tard sur ceux du Moyen-âge et de la Renaissance.
Il rattache la sensibilité et le mouvement volontaire au cerveau, allant dans le même
sens qu'Hérophile (340-300 av. J.-C.), contrairement à Aristote (384-322 av. J.-C.) qui
les rattache exclusivement au cœur.
Expérimentalement, il démontre qu'une section à différents niveaux de la moelle
épinière provoque des paralysies.
Physiologiquement, il distingue le cer veau sensible – correspondant à l'encéphale –
du cerveau moteur comprenant le cervelet et se prolongeant par la moelle épinière.
Galien s'appuie sur la consistance des nerfs pour différencier les nerfs sensibles plus
mous, des nerfs moteurs plus durs. L es nerfs sensibles apporteraient le pneuma
psychique dans les organes des sens pour l es rendre sensibles et les mettre en relation
avec l'âme encéphalique.21
Il élargit les indications des antalgi ques connus, tente d'expliquer et de comprendre
la douleur, de décrire ses différents caractères avec leurs causes possibles.
Une douleur pongitive siègerait par ex emple dans les membranes (comme la
pleurésie); une douleur lancinante dans une artère; une douleur pesante dans les
veines, une douleur ulcéreuse dans une plaie récente.22
Dans ce domaine, Galien va à l'enc ontre de ses prédécesseurs qu'il critique souvent.
Prenons l’exemple de cet extrait tiré du chapitre intitulé « la douleur comme moyen
diagnostic » dans lequel Galien commente les données apportées par Archigène
d'Apamée (fin du Ier siècle):
21 Galien, Œuvres médicales choisies I, « De l'utilité des parties du corps humain », Traduction
de C. Daremberg, Choix, présentation et notes par André Pichot, Gallimard, 1994,
Introduction, p. LI.
22 Galien, Œuvres médicales choisies II, « Des facultés naturelles. Des lieux affectés. De la
méthode thérapeutique, à glaucon », p. 174.
21
Paul d’Égine opère le cancer du sein et pratique même le curetage des ganglions
axillaires; mais comme le souligne André Soubiran, il s'agit là « d'une intervention
effroyablement douloureuse et sanglante », et il faut accroître d'une part les forces
physiques du patient par des régimes alimenta ires appropriés et d'autre part les forces
morales par l'invocation des saints.27
Le chirurgien est démuni sur le plan analgésique, particulièrement pour les types
d'interventions lourdes par rapport à l'époque , et n'offre au patient qu'une sédation
précaire.
Avant l'Islam, la médecine en Arabie est bien en deçà du niveau scientifique gréco-
romain, perse ou byzantin.
Elle se confine dans un mélange de pratiques anciennes – mesures diététiques et
préparations d'origines végétales ou minéra les – auréolées d'incantations magiques,
mais subit néanmoins une influence des ci vilisations contemporaines limitrophes du
Moyen-Orient par le biais des échanges commerciaux.
Il en émerge des médecins à l'habileté reconnue comme al-H ārith Ibn Qalada ou
Zaynab de Bani ‛Awad.
Ibn Ab ī U ṣaybi‛a rapporte qu’al- Ḥārith étudia la médecine en Perse et avait
connaissance des maladies et des médicamen ts, et qu’il vécut à l'époque du prophète
Muhammad (QSSSL) et de ses compagnons.
Il raconte que Mu ‛awiya ibn Ab ī Sufy ān, 1er roi de l'Islam, demande un jour à al-
Ḥārith Ibn Qalada: « Quel est la meilleure médecine, al- Ḥārith? ». Al-Ḥārith répondit :
« La faim » 28 . ‛Umar ibn al-Kha ṭṭāb lui demanda aussi : « Quel est le meilleur
médicament ? ». Al-Ḥārith répondit : « La faim ». »29
De même que Zaynab était louée pour sa pratique de la médecine. Ibn Ab ī Uṣaybi‛a
l'évoque en des termes élogieux : « Elle av ait connaissance de la pratique médicale,
était expérimentée dans les soins, le tra itement des maladies ophtalmiques, et la
chirurgie. Pour cela, elle était célèbre chez les Arabes ». 30
Les pratiques manuelles se limitent s ouvent à la saignée, la cautérisation, les
purgatifs et le jeûne.
27 André Soubiran et Jean de Kearney, Le journal de la médecine, du sorcier-guérisseur aux
hommes en blanc, Éditions Kent, 1960, p. 73.
28 Ibn Abī Uṣaybi‛a, ‛Uyun al-’anba fi tabaqāt al-aṭibbā, Dār Maktabāt al-Ḥayāt, Beirut, 1965,
p. 161.
29 Id.
30 Ibn Abī Uṣaybi‛a, ‛Uyun al-’anba fi tabaqāt al-aṭṭibā, p. 181.Extrait et lecture des premières pages :
Cet ouvrage propose un aperçu gratuit de ses premières pages et de son plan détaillé :
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