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Le sel de tous les oublis

Auteur : Yasmina Khadra
ISBN: 9789947622810
Edition: CASBAH EDITIONS
Prix: 1300 DA

Le sel de tous les oublis  Lorsqu’une femme claque la porte et s’en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l’apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l’instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l’errance, quitte tout pour partir sur les chemins. Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d’affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d’esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu’au jour où il est rattrapé par ses vieux démons. À travers les pérégrinations d’un antihéros mélancolique, flanqué d’une galerie de personnages hors du commun, Yasmina Khadra nous offre une méditation sur la possession et la rupture, le déni et la méprise, et sur la place qu’occupent les femmes dans les mentalités obtuses.   La plupart des romans de Yasmina Khadra sont traduits en 49 langues. Adaptés au théâtre dans plusieurs pays (Amérique latine, Europe et Afrique), en bandes dessinées, certains de ses travaux ont été portés à l’écran (Morituri ; Ce que le jour doit à la nuit; L’Attentat). Les hirondelles de Kaboul a été réalisé en film d’animation par Zabou Breitman. Yasmina Khadra a aussi co-signé les scénarios de La voie de l’ennemi (avec Forest Whitaker et Harvey Keitel comme acteurs principaux) et La route d’Istanbul de Rachid Bouchareb.

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  • Après le dîner, Mika nettoya la casemate de fond en comble, étala le matelas de camp à proximité de la paillasse et entreprit de laver la vaisselle. Adem se demanda ce qui pouvait bien motiver un mortel pour qu’il se dépense de la sorte. Glaner un soupçon d’estime ?... Étrange paradoxe, se dit‐il, se référer à l’appréciation des autres pour demeurer étranger à soi‐même. Et puis, qui sont les autres, sinon des désillusions potentielles ? On se confie à quelqu’un, immédiatement on devient son otage ; on s’éprend d’une personne et, d’un coup, on se met à découvert ; on s’habitue à un être cher et, s’il vient à disparaître, il ne laisse que chagrin et déroute derrière lui. N’avait‐il pas suffi à Dalal de le quitter pour qu’il se retrouve dépossédé de son histoire ? Les hommes inventent leurs malheurs dès lors qu’ils cherchent ailleurs ce qui est en eux, pensa‐t‐il. Ils s’abritent derrière leur clan, vivent aux crochets de leur tribu, s’improvisent maillons indissociables de la chaîne identitaire pour ne jamais s’affranchir de la dépendance, s’attribuant, sans gêne aucune, l’exploit de leurs héros lorsqu’ils ne prennent pas sur eux la débâcle de leurs vaincus – toujours à se cacher derrière leur petit doigt et à croire dur comme fer qu’ils ne sont à leur place que là où l’on a décrété qu’ils devaient être. C’est terrible, déplora Adem, de se fondre dans la masse alors que l’on est entier et seul dans la douleur.

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